mardi 23 mai 2017

16 mai-Répétition générale et restitution du projet Déplaces

Ça y est après 15 ateliers, nous voilà à la fin de l'aventure Déplaces !

Nous nous rejoignons à 16 heures pour la répétition générale qui durera jusqu'à 19h. Ensuite, les participants se retrouvent dans les loges de la salle Guy Ropartz pour faire une pause et se préparer pour la restitution. Au premier coup d’œil on peut voir que beaucoup se sont mis sur leur 31. L'ambiance est bon enfant, entre léger stress, euphorie et concentration pour d'autres. Certain-e-s se maquillent tandis que d'autres, prennent à nouveau la pose.

Beaucoup de poses à vrai dire. Il faut bien se souvenir de ce jour particulier !
Vient ensuite le temps des derniers préparatifs. Tout le groupe se rassemble autour de Marine et Julie pour s'encourager mutuellement avant la représentation. Et c'est parti !
La restitution commence. Les danseuses et danseurs sont assis et attendent la première salve de spectateurs, qui ont comme consigne de regarder dans les yeux pendant trois minutes la personne en face d'eux, sans parler ni éviter leurs regards. Dernière blague avant leur arrivée.
Les spectateurs suivants prendront la place de notre groupe, qui ira dans le public. Les pistes sont brouillés, les prochains arrivants ne sauront plus qui est le groupe qui prend part au spectacle, qui fait partie du public.
Après que toutes les personnes du public aient expérimenté l'exercice du regard, le groupe de Déplaces entre sur scène.
Surprise, pendant la dernière répétition, un moment chanté a été rajouté à la restitution, Kéti accompagne les autres danseurs pendant le porté collectif en entonnant un chant géorgien.
La restitution se termine. Beaucoup d'émotions chez nos danseuses et danseurs. Fanny et Anne leurs remettent à chacun-e une rose et le livret qui retrace en texte et en photographies nos quatre mois d'ateliers ensemble.
La soirée se termine dans le hall de la salle Guy Ropartz, les membres du groupe partent au compte goutte, tandis qu'avant la fermeture, alors qu'il ne reste plus que quelques personnes présentes, les dernier-e-s présents chantent quelques chansons en guise d’au revoir, spontanément, comme ils et elles l'ont fait pendant les ateliers.

Le projet se finit mais nous sommes nombreux et nombreuses à souhaiter que des liens entre nous perdurent au delà des ateliers qui nous ont réuni.

Merci à toutes celles et ceux qui ont participé à Déplaces et l'ont rendu possible. Une pensée pour toutes celles et ceux qui n'ont pas pu venir ce soir et qui ont partagé avec nous des moments dans les ateliers.

15 mai - dernier atelier Déplaces

Dernier atelier avant la restitution. Nous répétons dans la salle Guy Ropartz.

Aujourd'hui, nous avons trois heures pour mettre en place le filage et peaufiner les mouvements qui seront présentés au public le lendemain.

Plusieurs médias locaux sont présents au début de l'atelier et interviews certains d'entre nous à propos du projet Déplaces.
Après un échauffement qui n'est pas sans rappeler le tout premier atelier (notamment avec Inès qui propose une danse au reste du groupe, Mohammadi qui propose un coupé décalé énergique, puis avec des mouvements libres qui contorsionnent nos danseurs dans tous les sens) Marine invite le groupe à se mettre dans les conditions de la représentation du lendemain.
 Il aura fallu du temps et de l'énergie à notre patiente chorégraphe pour canaliser celle des participant-e-s qui était dispersée par le stress et l'excitation la veille de la restitution.  
 Le groupe commence par travailler les gestes de chacun-e individuellement et l'exercice des regards, qui sera l'introduction de la restitution. 3 minutes dans les yeux d'un ou une inconnue, pour accueillir nos spectateurs.
Après des mésaventures sur les réseaux ferrés, Julie arrive en fin d'atelier pour prendre le relais. Le groupe travaille les gestes individuels et leur intégration au mouvement collectif.
Nos participant-e-s nous réservent des surprises de dernières minutes en rajoutant certains détails à leurs mouvements, notamment Adama qui improvise ce cri face au public, qui ne laissera probablement pas indifférent nos spectateurs de demain. 
Les gestes en duo quant à eux traduisent bien de la complicité qui s'est tissée parmi nous, des personnes qui ne se connaissaient pas il y a quelques mois, se sont retrouvés à proposer spontanément des pas de danse à réaliser ensemble. On notera notamment l’impressionnant jeu de jambe de Mohammadi et Sita.
Pour finir nos danseuses et danseurs travaillent le porté collectif. Une petite surprise viendra s'y rajouter demain.
 Ce dernier atelier de trois heures nous a permis d'apprivoiser la salle Guy Ropartz et de se mettre dans les conditions de la restitution. Beaucoup ont aussi profité des feus des projecteurs pour poser !







vendredi 19 mai 2017

Le dernier article arrive bientôt

Le 15 et 16 mai pour la dernière grande répétition et la restitution, il y a eu beaucoup de photos de prises et beaucoup de choses à raconter, alors le dernier article qui retracera la fin du projet Déplaces arrive en début de semaine prochaine.

Bon week-end !


jeudi 11 mai 2017

Atelier du 10 mai

C'était le dernier atelier au Musée de la Danse. La semaine prochaine, l'atelier final se tiendra dans la salle Guy Ropartz qui nous accueillera également le lendemain pour la restitution du 16 mai.
Marine et Julie étaient toutes les deux là pour guider nos camarades danseurs et danseuses. Nous avons d'abord pris le temps de faire un point général sur le projet et sur l'atelier qui allait suivre, puis tout le monde s'est échauffé en partageant ses mouvements comme c'est maintenant devenu une habitude. Certains aiment bien corser les choses et ont proposé des mouvements particulièrement compliqués, comme Rafida qui s'amuse à nous rendre la tâche difficile.
 
 
Le groupe c'est divisé en deux, de chaque côté de la salle, Julie et Marine au milieu, à la place du public et nous nous sommes à nouveau mis en condition de scène. Les débats ont été vifs et assez drôles, il faut bien le dire, quant à la meilleure façon de faire pour entrer sur scène, certain-e-s ont particulièrement bataillé pour faire entendre leurs avis, d'autres ont attendu qu'on leur fasse des propositions et chacun-e a fini par passé devant ce public réduit et reçu les conseils de nos deux chorégraphes, sous les applaudissements et encouragements de leurs compères.
Les danseurs et danseuses ont ensuite travaillé le déplacement collectif à travers la salle, où chacun-e prenait à son tour la tête de cet ensemble de corps en mouvements.
Puis pour finir nous avons à nouveau travaillé les portés, à deux, à quatre puis à 8. Si l'équilibre est parfois encore instable, l'humeur est au beau fixe, l'ambiance était particulièrement bonne et même un peu dispersée parfois, il faut le dire.
 Rendez-vous la semaine prochaine pour la fin du projet, le dernier atelier le 15, puis la restitution le 16 mai à 20h30 salle Guy Ropartz à Maurepas. Également, la s mardi, la sortie du livret, comprenant textes et photos, retraçant le projet Déplaces.

mardi 9 mai 2017

Atelier du 4 mai

Aujourd'hui c'est dans le grand studio du Musée de la Danse que nous avons fait l'atelier.

C'est parfait puis-ce qu'avec Julie nous avions prévu de capturer à nouveau les gestes des participant-e-s en vidéo pour pouvoir les projeter lors de la restitution du 16 mai. Le sol et le fond noir du grand studio ont beaucoup aidé pour mettre en lumière les mouvements et créer l'atmosphère intimiste propice pour se projeter dans les conditions de la restitution.

Tout le monde est passé chacun son tour, au milieu du studio, entre les projecteurs installés pour l'occasion, nous montrer son geste et travailler son arrivée sur scène. Julie a fait passer le groupe plusieurs fois en les conseillant sur leur façon d'arriver et de regarder le public en face d'eux (enfin pour l'instant plutôt que de public il s'agissait de quelques curieux et curieuses complices qui après être passé venait observer leurs camarades !) .


jeudi 27 avril 2017

Déplaces –  Séances des 12 et 24 avril
Anne Morillon

Ces trois derniers ateliers, la forme de la restitution nous (pré)occupe beaucoup. Nous avons abandonné l’idée de proposer aux spectateurs.trices de reproduire une danse montrée par les participant.e.s de l’atelier en raison du risque d’exposition du corps d’autrui comme un Autre exotique, folklorique et ce faisant dominé. Si l’intention n’était évidemment pas celle-là, ce que j’ai vu dans les premiers essais représente une mise en danger inacceptable des participant.e.s dans la mesure où les danses ou mouvements qu’ils/elles proposent spontanément peuvent alimenter une représentation stéréotypée, une sorte de cliché des participant.e.s étranger.ère.s ou migrant.e.s, à travers notamment l’image de la "danse africaine". 

Mais qui suis-je pour affirmer que ce que chacun.e donne à voir est de l’ordre du cliché ? A ce sujet, je voudrais faire deux remarques : d’une part, que le regard sur l’Autre est tout sauf neutre, qu’il s’enracine dans une histoire de domination ancienne qui échappe largement à la conscience de ces jeunes migrant.e.s qui participent au projet et des futurs spectateurs.trices et, d’autre part, que lorsque qu’avec deux autres personnes, j’ai dû réfléchir à cette "danse" à laquelle on inviterait les spectateurs.trices je me suis dit "je ne vais quand même pas proposer une danse bretonne ?", "quelle est ma danse traditionnelle ?", tandis que mes comparses se sont employés à chanter l’hymne angolais et à imaginer des mouvements saccadés pour évoquer la marche militaire… Voici donc comment la "commande" des chorégraphes a pu être interprétée… alors que ni "traditionnel" ni "national" et encore moins "patriotique" n’ont été prononcés… Mon hyper sensibilité à ces questions m’aurait incitée à proposer un geste sur un morceau de PJ Harvey (j’adoooore), autrement dit un mouvement (à défaut d’une danse) hyper-personnel, intime même (quoi qu'il y a du générationnel, du social dans cette proposition) refusant toute assimilation à une quelconque nation ou tradition (pour moi le rock est universel ;-)) alors que mes camarades d’atelier semblent s'être engouffrés dans la brèche… Pas simple, pas facile. Comment faire ? 

Le regard sur le "corps africain en mouvement" – je reprends ici la terminologie de la socio-anthropologue Altaïr Despres – est en soi un objet d’étude. Je peux citer sa recherche justement sur l’immigration des danseurs contemporains africains dans laquelle elle relève l’existence d’un intérêt spécifique des acteurs du champ chorégraphique contemporain pour les danseurs africains (Despres, 2011) lié certainement à la fascination du public occidental pour des danses successivement qualifiées d’"exotiques", d’"ethniques" ou encore de "danses du monde" (Décoret-Ahiha, 2004). La danse est un prisme par lequel il est possible de construire et d’inventer l’Autre. L'enjeu est peut-être d’autant plus sensible quand les danseurs ne sont pas des danseurs professionnels. Ce qui se joue dans la représentation (au sens de la scène mais aussi des idées) n’est pas de l’ordre de la performance (si l’on dire) artistique mais d’autre chose. Finalement, c’est cet "autre chose" autour duquel nous tournons depuis quelques séances.

Nous nous orientons vers une "restitution-partage" au-delà des clichés, mais si nous savons exactement ce que nous ne voulons pas, nous ne sommes pas très sûrs de ce que nous voulons dire et montrer. Nous y travaillons collectivement, chacun y va de ses envies et de ses idées.

Je ne voudrais pas finir ce mot sans une pensée à Keti dont la famille traverse des moments difficiles.